La céramique dans l’architecture en Iran
Les arts qarâ quyûnlûs et âq quyûnlûs
Comment une dynastie peut-elle régner sur une grande partie de l’Iran, de l’Irak et du Caucase tout en demeurant presque invisible dans les récits de l’histoire de l’art ? Telle est l’énigme que pose le destin des Qarâ Quyûnlûs et des Âq Quyûnlûs, les célèbres « Moutons noirs » et « Moutons blancs », qui dominèrent le monde iranien durant la seconde moitié du XVe siècle. Longtemps éclipsées par le prestige des Tîmûrides, ces dynasties turkmènes ont pourtant donné naissance à une culture artistique d’une remarquable vitalité, dont les décors architecturaux en céramique constituent l’un des héritages les plus spectaculaires.
À travers une vaste enquête fondée sur l’étude des monuments conservés, les sources historiques et plusieurs années de recherches de terrain en Iran et en Anatolie, Sandra Aube reconstitue pour la première fois l’histoire de cette production méconnue. Des façades étincelantes de Tabriz aux sanctuaires de Yazd, des décors lustrés de l’Iran central aux ensembles monumentaux de Diyarbakır, elle révèle l’existence d’un véritable langage artistique turkmène, porté par des ateliers inventifs et des mécènes soucieux d’affirmer leur pouvoir à travers l’architecture.
L’ouvrage explore les acteurs de cette création, souverains, fondateurs pieux, artisans et maîtres céramistes, les techniques mises en œuvre, la circulation des modèles décoratifs et les spécificités régionales qui composent la richesse de cet héritage. Il met également en lumière les innovations esthétiques élaborées dans les grands centres artistiques du temps et leur rôle dans l’évolution des arts de l’Iran à la veille de l’époque safavide.
Bien plus qu’une étude spécialisée, ce livre invite à repenser un moment décisif de l’histoire culturelle du Moyen-Orient. En restituant sa cohérence et son originalité à ce « jalon turkmène » longtemps négligé, il éclaire sous un jour nouveau les échanges, les circulations et les métissages artistiques qui ont façonné le monde iranien de la fin du Moyen Âge.
À propos de l’autrice
Sandra Aube est chargée de recherche au CNRS au sein du Centre de recherche sur le monde iranien (CeRMI, UMR 8041). Directrice de l’Unité d’appui et de recherche Études aréales (UAR 2999) et directrice adjointe du GIS Moyen-Orient et mondes musulmans (MOMM), elle consacre ses travaux à l’histoire de l’art de l’Iran et de l’Asie centrale, en particulier aux arts timourides et turkmènes, à la céramique et au décor architectural. Issu de sa thèse de doctorat soutenue à l’université Paris-Sorbonne sous la direction de Marianne Barrucand et Jean-Pierre Van Staëvel, cet ouvrage a reçu le prestigieux World Award for Book of the Year décerné par la République islamique d’Iran, récompensant chaque année les contributions majeures aux études iraniennes et islamiques.
Préface
Introduction
Chapitre 1. Du mécène à l’atelier
Chapitre 2. De cobalt et d’or. Les techniques de décors
Chapitre 3. « Étoiles et arabesques » : L’ornement dans tous ses états
Chapitre 4. Tabriz, capitale turkmène
Chapitre 5. Ispahan et le centre de l’Iran
Chapitre 6. Yazd et le sud
Chapitre 7. Au-delà de l’Iran : Céramiques architecturales turkmènes d’Anatolie
Conclusion
Remerciements
Index des lieux et monuments
Table des matières